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PIERRE RICHARD-WILLM



Pierre RICHARD-WILLM années 1930. Studio Harcourt.
Acteur et Comédien


La lente fermentation du nazisme, dont j'avais pu, depuis dix ans, constater de visu, au cours de films tournés là-bas, la monstrueuse hystérie et l'épidémie grandissante, n'avait cessé de me hanter comme, aussi, l'aveuglement buté des autres nations, et leur incroyable " laisser-aller " devant ce foyer d'orgueil démentiel... et je ne doutais pas de l'inévitable tragédie. Pourtant, je fus atterré quand le Père Jacques s'en vint me l'annoncer avec toute la placidité de son fatalisme paysan. Cette seconde faillite mondiale me dépassait...




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Oui ! Bienvenue sur le site entièrement consacré à Pierre Richard-Willm .

Cinéphiles passionnés par le cinéma de l'entre-deux-guerres, j'espère que vous allez trouver, à travers ce comédien, cet acteur des années trente, des informations susceptibles d'approfondir vos connaissances sur cette période de notre patrimoine cinématographique.
C'est vers l'âge de quatre ans, au cours d'une corrida, qu'il découvre, horrifié, toute la violence codifiée, raffinée et finalement barbare que l'homme peut infliger à des êtres vivants au nom de la tradition et du plaisir. De ce spectacle, l'enfant puis l'adulte en restera profondément marqué.
Sous la férule aimante de sa nourrice catalane, Amania, passionnée par le chant et la danse, il apprend l'art subtil du maniement des castagnettes puis donne sa première représentation à son public : sa mère, toute ébahie par ce rejeton au tempérament prometteur "pour la mise en scène". Déjà pour lui le spectacle est avant tout un partage de rêve en commun dont la plus chaude reconnaissance est le mot : merci. Aussi la réaction très matérialiste des spectateurs, lors d'une démonstration spontanée, conditionnera pour longtemps ses rapports à l'argent.
Un drame déchire sa jeune vie. Sa mère, Elisabeth-Fanny Willm, meurt dans sa trente et unième année
Sa grand-mère maternelle l'élève à Bordeaux. Ensuite de 1905 à 1910, il suit l'enseignement de l'École Alsacienne où au tout début il perd pied dans sa scolarité. Mais grâce à l'écoute attentive et aux conseils avisés de l'Oncle, il reprendra confiance en lui-même...

frank Richard



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BIOGRAPHIE

On a été trés injuste avec Pierre Richard-Willm. Cet homme de cour et de talent que sa popularité étonnait le premier, cet homme exigeant et fin, modeste, que la sculpture et le piano attirèrent autant que la scène, disparut à l'insu de tous en 1983. Discret comme il l'avait été tout au long de sa longue vie, il ne léguait de souvenirs qu'aux moins oublieux de ses contemporains, tant il avait tenu, à la suite de son retrait du spectacle peu après la guerre, à laisser s'effacer la trace de sa mémoire.
Le regard clair, la chevelure blonde ondulée, les traits fortement dessinés marqués par un nez d'aigle, Pierre Richard-Willm possédait une prestance impérieuse, impériale même qui lui fit plus qu'à son tour revêtir l'uniforme galonné ou les atours romantiques qu'il portait avec une élégance si naturelle qu'on éprouva quelque mal à l'accepter autrement. Après 1945, on trouva plaisant de le croire démodé, lui qui avait subi sa propre vogue plutôt qu'il ne l'avait provoquée. On se mit à sourire de son jeu qu'on décréta très « Odéon », on oublia que Louis Jouvet lui avait proposé de rejoindre sa troupe et que c'était à lui que Jean Renoir, autre « moderne » indiscuté, avait d'abord offert le rôle de Boïeldieu dans La Grande Illusion. On fit de Pierre Richard-Willm l'archétype du héros délaissé.
Les lecteurs de Loin des étoiles, son beau livre de « souvenirs et dessins » paru chez Belfond en 1976, ont pu mesurer que la qualité de l'homme excédait celle de l'artiste. Né à Bayonne en 1896, fils d'ingénieur choyé, Pierre Richard-Willm perd sa mère enfant ; Willm était son nom de jeune fille, que le fils ajouta au sien lorsqu'il devint acteur. Mais d'abord il fit la guerre, puis de la sculpture son métier, après avoir en amateur débuté au théâtre du Peuple de Maurice Pottecher, à Bussang dans les Vosges, en 1911. Homme de fidélité, Pierre Richard-Willm y reviendra tous les ans comme interprète, metteur en scène, décorateur ou créateur de costumes jusqu'en 1970. Sans l'avoir vraiment voulu ni avoir jamais appris l'art dramatique, le voilà en 1925 partenaire de la grande Ida Rubinstein dans La Dame aux camélias en gala à la Comédie-Française puis en tournée. Il est un Armand Duval parfait, et ce rôle qu'il devait reprendre plusieurs fois aux côtés d'Edwige Feuillère, marque une fois pour toutes son emploi.
Ce début n'était rien. Avec Ida Rubinstein, il joue la même année Le Martyre de saint Sébastien de Gabriele D'Annunzio à la Scala de Milan : la musique de Debussy est dirigée par Arturo Toscanini. Engagé à l'Odéon dès son retour à Paris par le grand Firmin Gémier, il y demeure jusqu'en 1929 et y interprète deux bonnes douzaines de pièces au sein d'une troupe qui compte alors également Raimu, Charpin, Louis Seigner, Annie Ducaux et bien d'autres. Il y conçoit à l'occasion décors et costumes, en compagnie d'un autre jeune comédien de la troupe décorateur à ses heures, Claude Dauphin.
Malgré une retenue qui le faisait s'effacer devant Pierre Fresnay ou Pierre Blanchard, malgré de fortes préventions personnelles, il était inévitable que le cinéma convoque un jour Pierre Richard-Willm : « J'ai dit mon horreur enfantine de la machine, du moteur, de toutes les mécaniques, et aussi mon fol amour du théâtre, confie-t-il dans son livre. Comment donc aurais-je pu m'enticher d'un art qui, né dans une manière d'usine, parmi la ferraille et le bruit puis découpé en mille morceaux et recollé de même, s'en vient, inexorablement pareil à lui-même, s'aplatir chaque soir sur un drap blanc devant un public à jamais privé de la présence humaine de ses héros, de la vraie vie, de cette chaleur des paumes qui disent leur joie ? »
Et pourtant, Pierre Richard-Willm au cinéma connaît un succès qui, à sa grande surprise, fait de lui selon l'hebdomadaire Pour vous l'acteur le plus populaire de 1935. Les « clubs de willmettes » fleurissent. Appelé en 1930 par le réalisateur Alberto Cavalcanti et la comédienne Marcelle Chantal dans les studios de la Paramount française à Joinville, il tourne deux films avec eux. Mais on le remarque davantage dans les versions françaises que Pierre Billon adapte de films germano-tchèques réalisés par Carle Lamac pour la blonde Any Ondra, « le petit clown tchèque qui avec son réalisateur et son opérateur formait un trio inséparable, aux trouvailles irrésistibles quoique du meilleur goût » : Kiki (1932), Baby (1932), La Fille du régiment (1933). Cependant, c'est Marcel L'Herbier, grand découvreur d'interprètes, qui le lance en 1933 dans ce genre sérieux, bourgeois qu'il a toujours affectionné avec L'Épervier, d'après une pièce de Francis de Croisset, Pierre Richard-Willm rejoint Charles Boyer et Victor Francen parmi les acteurs favoris du metteur en scène, avec qui il tourne trois autres films, La Route impériale (1935), La Tragédie impériale et Entente cordiale (1938) : l'empire et la royauté sont décidément de son registre.
Le grand jeu de Jacques Feyder en 1933 fait de Pierre Richard-Willm une star véritable, un vrai premier rôle. Cet avocat devenu légionnaire draine la mythologie désespérée mais virile de l'exil et du déclassement. Héros déchu, l'acteur y fixe sa destinée cinématographique, vouée au trépas. Certes, il filtre quelque emphase dans son interprétation, mais s'il ne fait pas montre de la sobriété prolétaire de Gabin, il figure très dignement la déchéance de sa classe. Pierre Billon est alors son metteur en scène de prédilection. L'Argent (1936) n'a pas les qualités d'innovation de l'original de L'Herbier, mais constitue un « bon » film, bien joué, bien mis en scène. Courrier Sud (Billon, 1936), Anne-Marie (Raymond Bernard, 1935) font revêtir à l'acteur la tenue toujours seyante d'aviateur, qu'il change en uniforme d'officier tsariste pour Les Nuits moscovites (Granowsky, 1934), Au service du tsar (Billon, 1936), La Tragédie impériale, Yoshiwara (Max Ophuls, 1937), Tarakanowa (Fedor Ozep, 1938) ou d'officier hongrois pour Stradivarius (Geza von Bolvary, 1935).
L'acteur fait preuve d'un réel discernement : « Des meneurs de jeu qui voulurent bien me confier des rôles, je ne saurais dire que du bien puisque je ne répondais à leurs propositions qu'en connaissance de cause. » Deux fois interprète d'Ophuls dont il se fit un ami, il fut un remarquable Werther en 1938 bien qu'il fut plus âgé que son personnage. Son interprétation véritablement musicale a fixé le rôle. Carnet de bal (Duvivier, 1937), La Loi du Nord (Feyder, 1939) illustrent sa puissance physique. Et Pierre Richard-Willm a beaucoup de chance avec ses partenaires féminines, beaucoup de clairvoyance aussi quand il choisit ses rôles aux côtés de Pola Negri dans Fanatisme (Ravel et Lekain, 1933), de la mystérieuse et magnifique Nathalie Paley dans l'Épervier et Le Prince Jean (Marguenat, 1934), d'Annabella dans Autour d'une enquête (Siodmak, 1931), les Nuits moscovites et Anne-Marie, de l'éphémère Annie Vernay dans Tarakanowa et Werther , deux de ses six seuls films, de Jany Hot pour Courrier Sud et La Fiancée des ténèbres (Poligny, 1944), d'Edwige Feuillère enfin avec qui il forma un couple à l'écran des plus harmonieux, un peu distant, dès La Dame de Malacca (Allégret, 1937), La Duchesse de Langeais (Baroncelli, 1941) et au théâtre dans La Dame aux camèlias au cours de centaines de représentations.
Les livres de mémoires d'acteurs sont le plus souvent décevants. Ceux de Pierre Richard-Willm et d'Edwige Feuillère (Les Feux de la mémoire, Albin Michel, 1977) deux comédiens souvent accusés de froideur, constituent deux exceptions par leur qualité de plume et d'émotion intacte. La comédienne a parfaitement su exposer leur ressemblance : « Willm, plus âgé que moi, me protégeait, me conseillait. Son expérience professionnelle, sa sagesse me furent très bénéfiques. Partout où nous allions, à travers les cloisons, j'entendais son piano, la tristesse de Chopin, la mélancolie de Schumann. Nous avions beaucoup de choses en commun, le goût de la nature, de la musique, de la danse, des musées, de la lecture. Une réserve aussi, faite de timidité et de rigueur. Et surtout la peur, la hantise de la guerre... Et Pierre Richard-Willm de poursuivre : « La lente fermentation du nazisme dont j'avais pu depuis dix ans constater de visu au cours de films tournés en Allemagne la monstrueuse hystérie et l'épidémie grandissante, n'avait cessé de me hanter. »
En 1949, Pierre Richard-Willm met un terme à une carrière de grande notoriété. Il vient de reprendre pour la troisième fois Rêve d'amour de René Fachois avec Annie Ducaux dont Christian Stengel avait établi en 1946 une version cinématographique. Les amours de Liszt et de Marie d'Agoult ont cessé de l'amuser et il se lasse des rôles de compositeur, comme dans la Fiancée des tènèbres, dont le mystère et le charme reposent davantage sur le rôle de Jany Holt que sur le sien, ou comme dans Le Beau Voyage (Louis Cuny, 1946), bien obscur mélo. Que ne lui a-t-on proposé de retrouver la cape et l'épée de l'excellent Comte de Monte-Cristo de (Robert Vernay, 1942) , où il ferraillait avec allégresse ? Le temps, depuis, Pierre Richard-Willm l'a consacré à Bussang.
« Quels regrets sont au fond de moi que nos rencontres de jeunesse n'aient pu, faute de circonstances favorables, se muer en grande amitié dont elles portaient le germe. Sympathie profonde, estime totale, sens commun de la dignité d'une profession, et tant d'autres liens naturels. Et la vie passe. Et en définitive, presque tous les hommes sont des solitaires » , lui écrivit Pierre Fresnay peu avant de disparaître.

Raymond Chirat - Portraits, carrières et destins de 250 acteurs du cinéma français (1930-1960)



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THÈÂTROGRAPHIE



AMATEUR
1913L' ÉTINCELLEPailleron
1914ALKESTISPailleron
1915LES ROMANESQUESE. Rostand
JEAN-MARIETheurier
LA MAIN LESTEE. Labiche
Captivité
1918LE PROCUREUR HALLERSadapté d' après P. Lindau
LES PHARES SOUBIGOUT. Bernard
LA CHANCE DU MOISR. de Flers et F. Caillavet
FEDORAV. Sardou
Théâtre du Peuple de Bussang(sauf indication contraire, toutes les pièces sont de Maurice Pottecher)
1911LE MYSTÈRE DE JUDAS
LA CLAIRIÈRE AUX ABEILLES
1913C' EST LE VENT
AMYS ET AMYLE
Interruption guerre de 14-18
1921LA RUCHE RECONSTRUITE
LE DIABLE MARCHAND DE GOUTTE
1922L' ANNEAU DE SAKOUNTALAKalidasa, adap. M. Pottecher
1923CHACUNE À SON TOUR
LES CAPRICES DE MARIANNEMusset
UN CAPRICEMusset
1924AMYS ET AMYLE
LE MALADE IMAGINAIREMolière
1925LE MIRACLE DU SANG
CHÂTEAU DE HANS
1926LE SOTRÉ DE NOËL
1927LE VALET NOIR
1928MORTEVILLE
LE LUNDI DE PENTECÔTE
1929LE MYSTÈRE DE JUDAS
1930LA REINE VIOLENTE
T' ES PRIS, GRILLOT
1935-37L' ANNEAU DE SAKOUNTALA(nouvelle présentation)
1938LA CLAIRIÈRE AUX ABEILLES(nouvelle présentation)
Occupation 1939-1945
1946LIBERTÉ !
LE LUNDI DE LA PENTECÔTE
1947BURUBU(création)
1948-49MÉLUSINE ET SON MYSTÈRE(création)
1950LE CHÂTEAU DE HANS(nouvelle présentation)
1951CHACUNE CHERCHE SON TRÉSOR(nouvelle présentation)
1952JEAN DE L' OURS(création)
1953L' ANNEAU DE SAKOUNTALA(reprise)
1954-55C' EST LE VENT(nouvelle présentation)
1956L' EMPEREUR DU SOLEIL COUCHANT(création)
1957LE CHÂTEAU DE HANS(reprise)
1958L' HÉRITAGE(nouvelle présentation)
1959LE SOTRÉ DE NOËL(nouvelle présentation)
1960-70Reprise des principales créations

PROFESSIONNEL

Odéon
1925LA DAME AUX CAMÉLIASDumas fils
1926LE CYGNEF. Molnar
LE ROSAIREde Bisson d' après F. Barclay
LE MAÎTRE DE SON COEURP. Raynal
LE MARCHAND DE VENISEShakespeare
LE MASQUE
LE PRINCE JACQUESLégende japonaise
1927L' ORP. Fort
UN CAPRICEMusset
LA CHÂTELAINE DE SCHENSTONde Bisson d' après F. Barclay
LE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARDMarivaux
ON NE BADINE PAS AVEC L'AMOURMusset
LE CIDCorneille
1928LA BELLE AVENTURER. de Flers et F. Caillavet
LA NUIT D' OCTOBREMusset
LA VEINE D' ORG. Zorzi, trad. par J.-J. Bernard
CHOTARD ET CIER. Ferdinand
PRUNELLAAdaptation de l' anglais
L' OISEAU BLEUM. Maeterlink
BÉRÉNICERacine
1929LA DOUBLE PASSIONA. Villeroy
RODOGUNECorneille
LE PAPE JOAMES
L' AVAREMolière
MADEMOISELLE JOSETTE
MA FEMMEP. Gavault et R. Charvay
MADAME SANS GÊNEV. Sardou
Théâtre indépendant
1925LA DAME AUX CAMÉLIASDumas fils
LE MARTYRE DE SAINT SÉBASTIEND' Annunzio
L' IDIOTF. Dostoïevski
PHÉDRAD' Annunzio
1927L' IMPÉRATRICE AUX ROCHERS( Opéra de Paris)St-Georges-de-Bouhélier
1932LE VRAI MYSTÈRE DE LA PASSION(Théâtre des Champs-Élysées)A. Greban
1939LA DAME AUX CAMÉLIAS(Tournée de l' Union des Artistes avec Edwige Feuillère)Dumas fils
1940LE ROSAIRE(Tournée de l' Union des Artistes avec F. Rosay)
Exode
1940-41LA DAME AUX CAMÉLIAS(Théâtre Hébertot)Dumas fils
1942L' ANNEAU DE SAKOUNTALA(Théâtre du Gymnase)
1943RÊVES D' AMOUR(Théâtre du Gymnase)R. Fauchois
Libération
1945RÊVES D' AMOUR(Théâtre du gymnase)R. Fauchois
LE RETOUR(Théâtre du Gymnase)P.-M. Richard
CHRISTINE(Création à Bruxelles, tournée en Belgique)P. Géraldy
1947LES CAPRICES DE MARIANNEMusset
UN CAPRICE(représentation à Bruxelles)Musset
1948-49RÊVES D' AMOUR(reprise au théâtre du Gymnase)R. Fauchois


Établie par André Bernard et Claude Gauteur

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FILMOGRAPHIE



1930TOUTE SA VIERéalisation : Alberto Cavalcanti. Avec : Marcelle Chantal, Fernand Fabre, Jean Mercanton, Elmire Vautier.
LES VACANCES DU DIABLERéalisation : Alberto Calvalcanti. Avec : Marcelle Chantal, Jacques Varennes, Thomy Bourdelle, Robert Hommet, Maurice Schutz, Jeanne Fusier-Gir.
1931UN SOIR AU FRONTRéalisation : Alexandre Ryder. Avec : Jeanne Boitel, Jean Debucout, Léon Bélières, Florencie, Lucien Callamard.
AUTOUR D'UNE ENQUÊTE.Réalisation : Robert Siodmak, en collaboration avec Henri Chomette. Avec : Jean Périer, Annabella, Collette Darfeuil, Florelle, Gaston Modot.
LE PETIT ÉCARTRéalisation : Reinhold Schunzel, en collaboration avec Henri Chomette. Avec : Lucien Baroux, André Berley, Jeanne Boitel, Louise Lagrange, Robert Pizani, Alice Tissot.
SOUS LE CASQUE DE CUIRRéalisation : Albert de Courville. Avec : Gina Manès, Gaston Modot, Georges Rigaud, Pierre Nay.
1932LES AMOURS DE PERGOLÈSERéalisation : Guido Brignone. Avec : Simone Vaudry, Robert Pizani.
KIKIRéalisation : Carl Lamac, en collaboration avec : Pierre Billon. Avec : Anny Ondra.
BABYRéalisation : Carl Lamac, en collaboration avec : Pierre Billon. Avec : Anny Ondra, André Roanne.
1933LA FILLE DU RÉGIMENTRéalisation : Carl Lamac, en collaboration avec : Pierre Billon. Avec : Anny Ondra, Claude Dauphin, Raymond Rognoni.
POUR ÊTRE AIMÉERéalisation : Jacques Tourneur. Avec : Suzy Vernon, Marguerite Moreno, Paulette Dubost, Colette Darfeuil, Roger Tréville, Pasquali.
FANATISMERéalisation : Gaston Ravel, en collaboration avec : Tony Lekain. Avec Pola Négri, Jean Yonnel, Lucien Rozemberg.
L' ÉPERVIERRéalisation : Marcel L' Herbier. Avec : Charles Boyer, Natalie Paley, Marguerite Templey, Georges GrosSmith.
1934LE GRAND JEURéalisation : Jacques Feyder. Avec : Marie Bell, Françoise Rosay, Charles Vanel, Georges Pitoëff, Pierre Larquey.
LA MAISON DANS LA DUNERéalisation : Pierre Billon. Avec : Madeleine Ozeray, Colette Darfeuil, Thomy Bourdelle, Raymond Cordy, Raymond Rognoni.
LES NUITS MOSCOVITESRéalisation : Alexis Granowski. Avec : Harry Baur, Spinelly, Annabella.
LE PRINCE JEANRéalisation : Jean de Margenat. Avec : Natalie Paley, Aimé Clariond, Jean Debucourt, Roger Karl.
BACAROLLERéalisation : Gerhard Lamprecht. Avec : Edwige Feuillère, Gina Manès, Roger Karl, Fernand Fabre, Marthe Mello, Madeleine Guitty.
1935STRADIVARIUSRéalisation : Geza von Bolvary. Avec : Edwige Feuillère, Jean Galland, Robert Arnoux, Junie Astor, Jean Toulout.
LA ROUTE IMPÉRIALERéalisation : Marcel L' Herbier. Avec : Kate de Nagy, Aimé Clariond, Pierre Renoir, Jacques Catelain.
ANNE-MARIERéalisation : Raymond Bernard. Avec : Annabella, Jean Murat, Paul Azaïs, Abel Jacquin, Pierre Labry.
1936L' ARGENTRéalisation : Pierre Billon. Avec : Véra Korêne, Olga Tchekowa, Jean Worms, Odette Talazac.
AU SERVICE DU TSARRéalisation : Pierre Billon. Avec : Véra Korêne, Suzy Prim, Roger Karl.
COURRIER SUDRéalisation : Pierre Billon. Avec : Jany Holt, Charles Vanel, Alexandre Rignault, Marguerite Pierry, Gabrielle Dorziat, Roger Legris.
1937YOSHIWARARéalisation : Max Ophuls. Avec : Sessue Hayakawa, Gabriello, Michiko Tanaka, Roland Toutain.
UN CARNET DE BALRéalisation : Julien Duvivier. Avec : Marie Bell, Fernandel, Françoise Rosay, Harry Baur, Louis Jouvet, Pierre Blanchar, Raimu.
LA DAME DE MALACCARéalisation : Marc Allégret. Avec : Edwige Feuillère, Jacques Copeau, Gabrielle Dorziat, Jean Debucourt, Jean Wall, Betty Daussmond, Mihalesco.
TARAKANOWARéalisation : Fedor Ozep. Avec : Annie Vernau, Suzy Prim, Roger Karl, Abel Jacquin, René Bergeron.
1938LA TRAGÉDIE IMPÉRIALERéalisation : Marcel L' Herbier. Avec : Harry Baur, Marcelle Chantal, Jean Worms, Jany Holt, Gabrielle Robinne, Denis d' Inès, Palau, Jacques Baumer, Alexandre Rignault, Gabriello.
WERTHERRéalisation : Max Ophuls. Avec : Annie Vernay, Jean Galland, Jean Périer, Georges Vitray, Paulette Pax, Roger Legris.
ENTENTE CORDIALERéalisation : Marcel L' Herbier. Avec : Gaby Morlay, Victor Francen, Bernard Lancret, Aimé Clariond, Dorville.
1939LA LOI DU NORDRéalisation : Jacques Feyder. Avec : Michèle Morgan, Jacques Terrane, Charles Vanel, Henry Guisol, Arlette Marchal, Jean Brochard, Marcelle Praince.
1941LES JOURS HEUREUXJean de Marguenat. Avec : François Périer, Juliette Faber, André Bervil, Jean Clarieux, Janine Vienot.
LA DUCHESSE DE LANGEAISRéalisation : Jacques de Baroncelli. Avec : Edwige Feuillère, Aimé Clariond, Lise Delamare, Georges Grey, Simone Renant, Charles Granval.
1942LA CROISÉE DES CHEMINSRéalisation : André Berthomieu. Avec : Josette Dray, Pierre Brasseur, Madeleine Robinson, Georges Lannes, Marcel André, Jean Toulout, Gisèle Parry.
LE COMTE DE MONTE-CRISTO(1reépoque : Edmond Dantès, 2eépoque : Le châtiment). Réalisation : Robert Vernay. Avec : Michèle Alfa, Aimé Clariond, Ermete Zacconi, Lise Delamare, Marcel Herrand, Louis Salou, Alexandre Rignault, Line Noro, Henry Bosc, Charles Granval, Jacques Baumer, Carmen Boni.
1944LA FIANCÉE DES TÉNÈBRESRéalisation : Serge de Poligny. Avec : Jany Holt, Fernand Charpin, Gaston Gabaroche, Simone Valère, Edouard Delmont, Marcel Maupi, Pierre Palau, Line Noro, Robert Dhéry.
1946RÊVES D' AMOURRéalisation : Christian Stengel. Avec : Annie Ducaux, Jules Berry, Mila Parely, Daniel Lecourtois, Louis Seigner, Jean d' Yd, Guy Decomble.
LE BEAU VOYAGERéalisation : Louis Cuny. Avec : Renée St-Cyr, André Valmy, Pierre Bertin, Jean Wall, Jane Marken, Marcel Carpentier, Ginette Baudin, Marcel Pérès, Renin Genin.


Établie par André Bernard et Claude Gauteur



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SES DESSINS


Illustration de sa vie par l'artiste




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MARCHONS SUR SES PAS...



MENS-EN-TRIÈVES.

Mens-En-Trièves. Photographie de Franck RICHARD.

C' est un vieux bourg alpin situé dans le Trièves non loin de Grenoble, lieu de naissance de son père qui y vécut jusqu'à la fin de ses études pour ensuite s'y installer définitivement lorsqu'il quitta la vie professionnelle. Sa seconde mère y avait aussi de la famille.
Enfant et jusqu' à la fin de ses jours, il venait passer les vacances d'été dans ce très bel environnement :

... " La vieille maison paternelle, endormie tout l' hiver, se rouvrait, et nous y retrouvions nos grands cousins de la branche aînée - déjà de vrais étudiants - qui daignaient quand même nous mêler gentiment à leurs distractions et à leurs courses en montagne les plus faciles. Une des promenades favorites - parce qu'elle avait un but attirant - était d'aller de l'autre côté du Drac, dans une famille apparentée, dont la plus jeune des filles, Aimée, enjouée et charmante, emplissait la maison, le jardin et la ferme de sa gaieté communicative, et mes poches de friandises ! C'était des heures délicieuses ; je voulais l'épouser, lui disais-je, "quand je serai grand ! - Mais, moi, je serai vieille " me lançait-elle dans un grand rire. La seule ombre au tableau était, pour moi, la traversée du Drac sur un extraordinaire pont suspendu au-dessus du gouffre terrifiant. Pour corser les choses, le grand cousin ne manquait jamais de nous dire, au milieu du pont : "Vous sentez si ça bouge!" Et c'était vrai ! A l' aller, passe encore, le soleil éclatant habillait tout de sa lumière et tuait les idées noires et puis, au bout de l'épreuve, il y avait la jolie journée rustique et, surtout la gentillesse d' Aimée qui nous attendait, mais, au retour, que c' était affreux, cette traversée crépusculaire, ce balancement au-dessus du vide insondable. J' aurais bien voulu accrocher la main de quelqu' un, mais, impossible : j'avais dix ans et ma mention Très Bien! On se serait moqué de moi. Combien de fois, dans mes rêves d'enfant je l'ai revu, ce pont diabolique. et mouvant au-dessus des eaux vertigineuses!..."


Pierre Richard-Willm




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